Je vous propose cette semaine une nouvelle interview dans le cadre de la rubrique « la parole aux e-commerçants ». J’ai interviewé Irwan DJOEHANA , le fondateur de la marque ANNA-BREE.
Pour la petite histoire, Irwan et moi avons un parcours croisé : je l’ai rencontré quand j’étais e-commerçant et lui consultant dans une grande SSII. Aujourd’hui que les rôles se sont inversés, je suis très heureux de pouvoir lui donner la parole et de vous faire profiter de son expérience.
Irwan a également travaillé pour un grand VPCiste situé dans le nord de la France. C’est donc une interview d’un e-commerçant particulièrement averti aux nouvelles technologies que je vous propose aujourd’hui.
Bonjour Irwan. C’est marrant de te retrouver en tant que e-commerçant. C’est à force de côtoyer des e-commerçants que tu as eu envie de franchir le pas ?
Non
En réalité, je ne me considère pas réellement comme un e-commerçant. Je dirais que je suis plutôt un créateur qui utilise le e-commerce comme canal de communication et de distribution.
Très bien. Parle nous de ta marque, ANNA-BREE, justement.
C’est une marque de vêtement pour femme. J’ai voulu créer une marque qui remette l’élégance et le raffinement au goût du jour. Je suis parti à la recherche de belles matières . Je dirais que j’ai voulu créer une marque symbole du renouveau du « made in France » mais un « made in France » dépoussiéré. Une marque éthique mais pas baba cool.
Je savais exactement ce que je voulais . J’ai donc passé beaucoup de temps à dénicher des fournisseurs de tissus (en France et en Belgique) et des ateliers de confection (exclusivement en France) qui correspondent à mes exigences en terme de qualité de fabrication. Cela n’a pas été facile car il a fallu les convaincre (forcément, en terme de volume, je n’étais pas d’emblée crédible à leurs yeux) mais je suis satisfait du résultat.
Tu perçois donc l’e-commerce comme un moyen plutôt que comme une finalité ?
Oui. Tout à fait mais j’ai beaucoup utilisé Internet pour lancer ma marque.
J’ai utilisé le blog en pré-lancement mais la e-boutique n’existe que depuis Novembre 2009. J’ai donc lancé le blog avant d’avoir des produits à vendre. Ca m’a permis de me créer une petite notoriété.
Et aujourd’hui ?
Mon blog existe toujours. Je l’utilise beaucoup pour expliquer mon travail.
Ma e-boutique est avant tout une vitrine car elle ne génère qu’une petite partie des ventes.
Le reste des ventes se fait via les boutiques multi-marques où j’ai placé mes produits . J’ai également placé quelques produits sur le site de LA REDOUTE . Mais surtout, j’ai ouvert ma propre boutique physique que je viens d’ouvrir à «Maisons de mode», rue de l’Espérance, Roubaix. Tout est prêt pour une vraie stratégie multicanale

Et les réseaux sociaux ? Quel rôle jouent-ils pour une marque naissante comme la tienne ?
J’utilise beaucoup Facebook. J’ai créé ma page ANNA-BREE . Elle regroupe plus 2800 fans. C’est un vrai espace d’interactivité. Au début, évidemment, ce sont des copains qui viennent poster des commentaires pour te féliciter. Mais très vite, tu commences à recevoir des appréciations sur tes produits de personnes que tu ne connais pas dans la « vie réelle ». Par contre, les questions sur les produits arrivent généralement plutôt par le biais du formulaire de contact qui se trouve sur le site.
Au niveau du trafic, ils représentent 30% des visites globales (liens sponsorisés inclus). Sinon, je communique également via les liens sponsorisés de Google. Le trafic direct représente 10% de mon trafic. C’est surtout ce dernier que je surveille car c’est pour moi LE baromètre de la notoriété de la marque. Pour l’instant, je ne fais pas d’affiliation. Je n’ai pas été accepté par les plateformes d’affiliation faute d’un trafic suffisant. Je n’ai pas insisté.
Et coté référencement naturel ?
Ce n’est pas facile de se battre contre les mastodontes du secteur de la mode. Aussi, je privilégie un travail de longue traîne, sur des expressions à plusieurs mots clés. J’utilise également un plug-in wordpress (Global Translator) qui traduit mes pages du blog à la volée dans différentes langues. Cela me permet d’être automatiquement positionné sur le marché mondial du SEO. Mes produits étant vendus au Japon, ce n’est pas anecdotique !
Tu as développé toi-même ton site et tu as choisi MAGENTO ? Quel retour d’expérience peux-tu faire aux lecteurs du blog ?
Je suis ravi de ce choix. Je conseillerai évidemment à tes lecteurs qui n’ont pas forcément mon historique de se faire accompagner. MAGENTO est très puissant mais également très complexe. Il faut comprendre sa logique.
Je ne souffre pas de mauvaises performances, comme on peut parfois l’entendre ou le lire par ailleurs. Pourtant, j’utilise sur mon site des photos d’une résolution assez importantes (1200X1200 pixels).
Par contre , je conseille aux utilisateurs de MAGENTO de mettre à jour régulièrement leur plateforme avec les mises à jour de de sécurité. Je me suis fait hacker fin janvier et j’en garde un très mauvais souvenir. Mais ça m’a servi de leçon
. A bon entendeur …
Pour finir, est ce que tu as envie de mettre en avant un site que tu connais et que tu aimerais faire découvrir ?
Woopra : un outil de tracking temps réel étonnamment pas si connu et complètement bluffant :

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