Pour aborder ce thème, je vais vous raconter une anecdote personnelle.
En fait, je vous l’ai toujours caché mais ma femme est une pro du e-commerce !
Pourtant, elle ne connaît pas grand chose en informatique. Ce n’est pas du tout son métier. Un peu comme tout à chacun, elle utilise bien sûr un ordinateur pour surfer et faire de la bureautique . Mais ça s’arrête là.
Elle n’a jamais travaillé dans la distribution, ni pour un pure player. Ce n’est donc pas non plus de ce côté là, qu’elle excelle.
Non, en fait, c’est une pro du e-commerce car, sur le net, elle dégaine sa carte bleue comme personne
.
Et là , je dois bien dire que ce qu’elle a fait dernièrement, m’a épaté !
Je vous explique :
En fait, cela faisait plusieurs jours que je la voyais sur un site de chaussures, SARENZA pour ne pas le citer. Et j’avais remarqué qu’elle revenait toujours sur la même fiche produit.
Intrigué, je lui ai demandé pourquoi elle regardait toujours la même paire de chaussures.
« Elles te plaisent tant que ça ces chaussures ? Tu vas les acheter ?
- Oui … enfin…. j’attends un peu …. En fait, je les mets tous les jours dans le panier. Ils vont bien finir par m’envoyer un code promo par mail chez SARENZA. »
Là, j’étais scotché !
Bien sûr, le e-commerce étant mon métier, je connais les pratiques des marchands pour optimiser leur taux de transformation. Je savais donc qu’elle avait sans doute raison : plutôt que de perdre définitivement une vente, certains (bons) e-marchands analysent TOUTES les actions de leurs clients et préfèrent en effet concéder un peu de leur marge pour décider les hésitants. Et SARENZA fait, sans aucun doute possible, partie des bons e-marchands !
Ces méthodes, on les rencontre à priori plutôt chez les e-commerçants « matures » car il faut :
- soit des équipes attentives (et donc conséquentes),
- soit des outils bien paramétrés (je n’ai pas dit chers !)
pour détecter ces prospects et faire le petit plus qui les transforme en client.
Enfin, c’est ça « faire du commerce », non ?
Mais bon, jusqu’à preuve du contraire, ces méthodes ne sont pas exposées sur la place publique.
Nous voilà donc là où je voulais en venir : ce qui me surprend au travers de cette anecdote, c’est la capacité des consommateurs à décoder les pratiques des e-marchands.
Je pense depuis un certain temps, alors que les chiffres du e-commerce explosent, que les métiers du e-commerce ne se professionnalisent pas suffisamment vite. C’est d’ailleurs plutôt un constat qu’une conviction. Le e-commerce, ça reste encore, dans la plupart des cas, du bidouillage : un site « pas cher », l’entrepôt dans le coin du garage (voire de la maison), et le service client … ??
Force est de constater que les consommateurs, pour le coup, eux, ont vite compris comment ils pouvaient tirer partie des nouvelles pratiques que l’e-commerce a introduites. Et c’est sans doute ça qu’il faut retenir de cette anecdote : il est temps d’arrêter le « bricolage e-commerce » ! On ne fait plus un site e-commerce avec 3 bouts de ficelle. Pour vendre sur Internet aujourd’hui, il faut être pro de bout en bout, tant dans ses outils informatiques et ses process logistiques, que dans ses pratiques commerciales et la gestion de ses clients. Au risque de se faire rapidement démasqué par ses clients qui ont aujourd’hui de vraies attentes, pour ne pas dire de vraies exigences !
Pour conclure, et je m’excuse d’avance auprès de Sarenza de dévoiler ce détail qui a son importance pour mon histoire, je suis obligé d’avouer que ma femme a eu son bon de réduction de 30% (au bout d’une semaine !). Elle est forte ma femme quand même !
Excellente cette anecdote, Mister Colombo
Dans le même style il y a 3 ans chez Altics, une e-acheteuse que nous recevions dans nos laboratoires de test ergonomique nous racontait sa stratégie vis à vis des soldes. Elle remplissait son panier en avance puis à l’heure dite, faisait un reload et validait son panier…avant les autres.
Une façon plutôt pragmatique de griller la queue
Ce n’est que 2 ans plus tard que sont apparues les fonctions comme la sauvegarde du panier.
Comme quoi, ce sont les e-shoppeurs / e-shoppeuses qui sont en avance. Voilà pourquoi il faut les écouter, les observer, les comprendre…
Tout cela pour quoi ? Pour augmenter les ventes bien sûr (ma femme me le souffle à l’oreille).
Merci pour ton article
/Olivier Marx, Altics
Génial ce billet criant de vérité !
Très bon billet !
@Olivier> « Griller la queue ». Hum, c’est l’été, ça doit être ça
Excellent ! C’est dingue ce qu’on peut apprendre de nos femmes en matière de e-commerce
Dans un autre genre, je me suis rendu compte grâce à ma femme qui utilise souvent LeBonCoin.fr qu’il y a des gens qui font du e-commerce via les petites annonces de manière bien plus professionnelle que certains e-commerçants « soit disant pro » ayant une vraie boutique, avec une VRAIE notion du service client.
Je viens de publier une petite étude que j’ai trouvé sur Viadeo à propos de la relation client pour les e-commerces.
http://www.ludovicpassamonti.com/archive/2010/07/20/importance-de-la-relation-client-sur-un-site-e-commerce.html
Et tu as raison de dire « les métiers du e-commerce ne se professionnalisent pas assez vite ».
Trop de nouveaux e-commerçants ne voient leur futur métier que par le côté technique, par le choix des outils pour vendre en ligne « Il me faut une solution technique simple et efficace », « je vais investir en référencement pour avoir du trafic ».
Ils ne voient que le côté acquisition de trafic / clients, et oublient d’une part, que les meilleurs clients sont les clients fidèles qu’il faut chouchouter, et d’autres part qu’ils vont devoir eux même acquérir de nombreuses compétences pour piloter leur activité.
C’est pas gagné…
Bonjour,
Mais ton épouse elle à utilisé cette technique comme ça sans réfléchir ?
Je veux dire ce n’est pas le genre d’intuitition qu’on à le matin en se levant ^^
En générale on achète ce qu’on veux vraiement, en tout cas personnellement si j’ai un truc en tête j’achète.
Je suis étonné qu’on puisse penser à ça et surtout que ça puisse marcher au bout d’un certains temps.
Bonjour Michel,
je comprends ton étonnement. On est souvent surpris de constater que les internautes n’ont forcément le comportement qu’on aurait à leur place.
Les sites « matures » eux l’ont compris depuis longtemps et ils mettent en place des outils qui permettent d’analyser les comportements de leurs internautes.
Ensuite, ils mettent des actions en face (manuelles ou automatiques) pour optimiser leur taux de transformation et donc leur chiffre d’affaires.
Dans le cas de mon épouse, je pense qu’elle a déjà dû constater que certains sites la relançait quand elle n’allait pas au bout de son panier (tu n’as jamais reçu des messages du type « Attention, votre panier va expirer dans x jours » ?). Elle en a tiré ses propres conclusions
Il ne faut pas sous-estimer ses client(e)s
Jean-Pierre